La Rivière Thouet
Le Thouet, affluent en rive gauche de la Loire qui conflue avec cette dernière à Saumur, prend sa source dans les Deux-Sèvres, et arrose sur 140 km environ des villes au riche patrimoine médiéval comme Parthenay, Thouars et Montreuil-Bellay. Classé comme navigable à partir de cette localité, il a certainement connu un trafic fluvial plus à l'amont. Dans Montreuil-Bellay on retrouve en effet le port encore bien visible à côté du pont, avec des quais empierrés et quelques anneaux d'amarrage.
Les premières traces écrites connues de navigation sur cette rivière remontent à 1430. En 1914 le Thouet figurait toujours sur les guides de navigation. Depuis 1834, la navigation a été progressivement abandonnée. Mais il demeure possible de naviguer sur le Thouet en canoë-kayak ce qui constitue une très belle balade.Celle-ci est d'ailleurs facilitée par les nombreux panneaux qui indiquent, sur les barrages, les meilleurs passages pour les pagayeurs.
Les Vallées du Thouet et de ses affluents
I. L'AMBIANCE
I.1. « ELEMENTS D’ANTICIPATION »
Recueillis
dans des documents forts divers (écrits, dessins,
peintures, photographies...), les « éléments
d’anticipation » synthétisent les descriptions faites
d’un territoire. Ils revêtent un rôle primordial dans
le domaine du paysage puisqu’ils agissent en tant que
filtres (préalables) à notre perception collective. Selon
leur nature, selon l’absence ou la force des «
modèles » qu’ils véhiculent, selon l’étendue de
leur diffusion, ils modulent sensiblement notre perception
du paysage.
Les vallées condensent à plusieurs titres le paysage. Elles
réunissent en un même lieu les composants physiques
essentiels du territoire naturel que sont le relief,
l’eau et les diverses formes de végétation étagées
des rives aux rebords des plateaux. Elles accueillent
presque toutes les grandes agglomérations et constituent
donc le cadre de vie au quotidien d’une proportion
importante des habitants de la région. Les vallées font
l’objet principal –et parfois même
unique– des représentations des territoires
qu’elles marquent de leur passage. Là où le paysage
est lisible grâce au dégagement du relief, là où les
éléments composent des sites, là où les monuments s’y
inscrivent, les peintres, les graveurs et les photographes
ont trouvé suffisamment de pittoresque pour les inspirer.
Par un phénomène maintenant bien identifié, la production
de ces nombreuses images a inscrit dans le regard des
hommes l’organisation de vallée comme un véritable
code d’appréciation des paysages. Dans le meilleur
des cas, l’image perçue de la vallée vient rencontrer
l’image (mentale) préalable forgée par les artistes,
et coïncider avec elle : il en découle une satisfaction
paysagère réelle. Une autre représentation mentale forte
tient aux rôles historiques de communication des vallées.
De tout temps, elles ont servi de traits d’union et
accueilli les parcours. Cette réalité se retrouve
aujourd’hui dans la pratique de la randonnée. Il y a
là une attente de paysages plus variés et plus animés que
ceux des plaines ou d’autres paysages, une attente de
jouissance ludique qui s’ajoute à la satisfaction
esthétique.
Les vallées du Thouet et de ses affluents, marquées par
leur relief et par des agglomérations anciennes et
patrimoniales, sont ainsi beaucoup plus souvent
représentées que leurs environs de bocage ou de plaine. Les
sites de Thouars et, encore plus, de Parthenay, dominent la
production iconographique, d’autant qu’à
l’heure actuelle ces localités et leurs images ont
vocation à motiver le tourisme. Deux tableaux de Fernand
SERREAU (1885/1945) représentent des vues du secteur
: Maisons
ensoleillées à Thouars et Le Thouet à Thouars,
Poitiers, Musée des
Beaux-Arts. Dans l’iconographie plus contemporaine,
une photo de la vallée de l’Argenton (probablement le
site de Grifférus) figure dans le document
pédagogique La
clé des champs." produite par le conseil Général
des Deux-Sèvres.
I.2. PAYSAGE RESSENTI
Il n’y a pas de
perception sensible de l’ensemble des vallées : le
réseau des communications, routes et chemins n’en
autorise pas une lecture continue. Seule, l’approche
ponctuelle, lors des franchissements ou sur de (trop)
courts tronçons en rive, en autorise une perception par
petits sites. Celle-ci recoupe d’ailleurs la
répartition des représentations… Le franchissement
de la plupart des vallées fait donc apparaître presque
systématiquement ces espaces comme des « entre-deux » :
elles instaurent de fait (et transversalement) un espace de
transition entre les secteurs avoisinants. Ce ne sont donc
que quelques rares scènes qui, par la nature des sous-sols,
par la ville ou le village, par un événement particulier du
relief ou de l’eau, parviennent à créer un véritable
paysage où les éléments interagissent et (se) composent.
Jusqu’à Saint-Loup-Lamairé pour le Thouet,
jusqu’à Massais pour l’Argenton, les cours
supérieurs des vallées s’inscrivent dans le socle de
roches anciennes, dans un paysage de bocage. Les vallées
ont alors quelques occasions de « mettre en scène »
celui-ci en permettant au dessin du parcellaire et des
haies d’apparaître sur les pentes des coteaux. La
présence de telles scènes de paysage est cependant relative
: les occasions sont rares du fait du réseau de
communications et d’une végétation très présente en
fond de vallée. Qu’il s’agisse de la ripisylve,
du réseau de haies dense le long des chemins ou plus
souvent des peupliers plantés sur les terres humides des
fonds, l’ambiance tient plus de la profusion végétale
que de la vision d’ensemble du territoire. Les
perceptions sont donc plus souvent le fait de « scènes »
paysagères, parfois très minimes, qui reprennent les
modalités de perception du bocage telles de petites
fenêtres taillées dans les haies par les entrées de champs,
par exemple… L’apparition d’un paysage
de vallée dans une même vision, d’un versant à
l’autre, et réunissant tous les éléments qui le
composent, reste rare. Dans la partie médiane du cours du
Thouet (jusqu’à Thouars), la vallée est marquée par
les falaises creusées dans la roche calcaire et des cirques
(comme à Missé). Des boisements et des friches
s’accrochent aux rebords des coteaux et instaurent
comme des portes entre le territoire de vallée et celui des
plaines alentour. Des peupliers sont parfois visibles
depuis les plateaux ; ils « signalent » parfois même à
eux-seuls la présence d’une vallée dans les horizons
les plus vastes et plats. Le relief occasionne de belles
scènes paysagères, en particulier quand il est possible de
gagner un point de vue élevé. L’Argenton présente peu
ces profils du fait de son caractère plus encaissé. Après
Thouars (après la Gouraudière), le relief s’évase, et
les vallées deviennent moins marquées par leurs rebords que
par la végétation qui les accompagne. C’est ainsi que
les rivières marquent alors leur passage dans le territoire
de grande culture et de vignes qu’elles traversent.
Les paysages les plus marquants apparaissent
ponctuellement, en des lieux spécifiques marqués tant par
la nature que par l’histoire. Les villes (Parthenay,
Bressuires et Thouars principalement), offrent par logique
une bien meilleure accessibilité aux vallées, et présentent
avec elles de belles unions : elles ont choisi des sites
défensifs qui se trouvent être également ceux où le relief
se manifeste avec le plus de vigueur. Il en résulte des
scènes d’une grande force pittoresque, associant
l’architecture aux mouvements des falaises, et qui
symbolisent en les concentrant les caractères des vallées.
Des visions très particulières se dégagent : sur un
affluent du Thouet, le barrage du Cébron par exemple, offre
un large dégagement visuel du plan d’eau, qui
contraste fortement avec les perspectives plutôt courtes de
cette région recoupée de haies. Ce dégagement donne à voir
les flancs du vallon où se dessinent les réseaux de haies,
et qui apparaissent ainsi dans une mise en scène
inhabituelle. La vallée prend alors un visage soudain
élargi, presque monumental.
Enfin,des sites naturels "spectaculaires " révèlent des
paysages assez extraordinaires que seules les vallées
peuvent faire naître : la cascade de Pommiers et le site de
Grifférus mettent en scène la roche découpée vigoureusement
par les rivières. Cette expression paysagère d’une
grande beauté contraste fortement avec les ambiances douces
et calmes des territoires alentours. Elle apporte au
secteur un accent de puissance tellurique. Le fort degré de
pittoresque de ces sites motive évidemment tant les
représentations que les visites. Le paysage reste ici comme
ailleurs conditionné aux possibilités de parcours et au
rôle d’écran de la végétation, qui ne permettent pas
toujours une approche aisée.
I.3. LECTURE DE L'ENTITE PAYSAGERE
Le secteur de paysage considéré
comprend la vallée du Thouet et l’ensemble de ses
affluents (Argenton, Ouère, Thouaret). Situé sur un épisode
marqué du cours du Ton, le site de Bressuires entre dans
cette catégorie paysagère.
Franges
Les vallées s’inscrivent
au sein de deux types de paysages qu’elles viennent
nervurer : le Bocage bressuirais et la Gâtine en amont, la
plaine de Thouars en aval. Les modes de relation et le
degré de contraste entre la vallée et son environnement
diffèrent selon les séquences. Dans le bocage, les parties
amont s’inscrivent dans un socle globalement vallonné
selon de nombreux ruisseaux. Par les découpes dans la
roche, les vallées principales marquent peu à peu leur
cours avec plus d’intensité. Sur les contreforts du
Bocage, alors que le relief général s’apaise, la
nervuration plus forte des vallées instaure un contraste
plus marqué. Le contraste s’accentue ensuite dans les
calcaires de la plaine : entre Airvault et Thouars, au
relief marqué s’ajoute la présence de boisements en
rebord. En aval, les vallées tendent davantage à se fondre
dans le paysage jusqu’à ne plus constituer aussi
fortement de paysage spécifique. Avec les contrastes
parfois très forts qu’elles engendrent, et bien que
les surfaces qu’elles occupent soient minoritaires,
les vallées jouent ici pour les territoires qu’elles
traversent, un rôle d’effigie paysagère. Elles jouent
en quelque sorte pour les paysages, et à l’échelle
des pays, un rôle comparable à celui des monuments, pour
les villes.
Perception par le réseau routier
Il s’agit probablement de
l’élément le plus déterminant de la perception et de
la présence sensible de ces paysages. Paradoxalement, aucun
parcours routier ne permet de suivre de manière un peu
continue le cours de ces rivières. Seuls quelques tronçons
de petites routes suivent le trajet de l’eau. Le
réseau emprunte en effet de préférence les crêtes, voire le
plateau plus en profondeur, en suivant le dessin de la
vallée mais sans y plonger. Les rencontres se situent
surtout aux franchissement, sans que ceux-ci
n’occasionnent de véritables perceptions des vallées
tant est présente la végétation. C’est
malheureusement seulement à l’approche des
agglomérations, là où les paysages naturels des vallées
sont touchés par des développements urbains périphériques,
que ces situations se présentent le plus. Dans les
agglomérations elles-mêmes en revanche, de véritables
paysages urbains associant la rivière, et souvent le
relief, sont offerts aux regards. En ce qui concerne les
chemins, le chemin de grande randonnée (GR36) permet de
suivre à pied le cours du Thouet depuis Gourgé
jusqu’à la frontière régionale. Les randonneurs ont
ainsi l’expérience sensible de la vallée en continu,
comme une entité et non comme une série de petites scènes.
D’une certaine manière, il contribue à donner au
Thouet « une existence paysagère » dont ne dispose pas par
exemple aussi clairement l’Argenton.
Principaux points de vue
Malgré le potentiel occasionné
par le relief, les points de vue sont rares, et restent
limités à de petites scènes. Même le cirque de Missé reste
difficile à identifier dans son ensemble, tant la position
relative des chemins et des écrans visuels limite les
possibilités de regard.
I.4. ANALYSE PAR MOTIFS
Relief et roches
Les roches traversées et le
relief déterminent, plus que tout autre paramètre, les
sites et les caractères de ces vallées. Du fait du
franchissement géologique effectué par ces vallées, la
succession des roches anciennes et des roches sédimentaires
organise des ambiances très spécifiques par séquences : de
falaises et chaos granitiques en amont aux parois calcaire
en aval, il n’est pas rare de voir en même temps des
découpes calcaires aux parois des vallées, tandis que les
rochers granitiques animent le cours de la rivière. Les
falaises, qu’elles soient granitiques ou calcaires,
représentent (au moins potentiellement) un fort degré de
pittoresque, particulièrement important à l’échelon
régional dont le territoire est marqué par les grandes
plaines horizontales. Par contrepoint, les verticales des
falaises instaurent un contraste déterminant, un des seuls
dont les paysages régionaux peuvent se prévaloir.
C’est ainsi que, quand le relief s’évase et que
disparaissent les motifs de découpe, les vallées perdent
une grande partie de leur intérêt paysager.
Eau
C’est bien entendu
l’élément central de composition des paysages du
secteur. C’est le motif central des « tableaux » ou
autres illustrations proposées : les rivières elles-mêmes,
les plans d’eau, les ouvrages liés à l’eau...
Végétation
Elle se manifeste sous des
formes très diverses, et contribue ainsi à la variété des
paysages rencontrés. Les différents motifs s’étagent
depuis les rives des cours d’eau jusqu’au
rebord des coteaux, organisant une concentration des motifs
sur une même entité de lieu, mais jouant également, trop
souvent, le rôle d’écrans qui interdisent de jouir
totalement de cette même qualité. La végétation propre des
rives, fort riche, s’organise en bandes de ripisylves
plus ou moins épaisses et denses selon les situations, et
qui peuvent isoler dans un couloir l’espace même des
rivières. Lors des franchissements, c’est souvent la
vigueur de cette végétation qui s’impose au détriment
d’une vision de l’eau. La matière spécifique
des saules et des aulnes, la fraîcheur des iris et des
joncs, suscite des scènes très plaisantes directement
associées à l’eau. Dans les fonds de vallée, les
prairies, les peupleraies et les cultures se succèdent
selon les profils, et conditionnent largement
l’ambiance proposée : prairies recoupées de haies
dans le bocage, et vallées de plus en plus cultivées vers
l’aval. Dans une lecture centrifuge de
l’espace, partant de l’eau vers les horizons,
le fond de vallée et les volumes qui l’occupent
déterminent la possibilité de percevoir les éléments qui
composent l’entité paysagère. Selon que le fond est
dégagé ou non, on aura alors la possibilité de « lire
ensemble » (c’est à dire de percevoir un paysage) la
rivière et sa vallée, depuis l’eau jusqu’au
ciel, et en particulier de percevoir en même temps les deux
coteaux. A contrario, la présence de volumes végétaux (des
peupliers le plus souvent, mais aussi des boisements, de la
végétation naturelle haute, les ripisylves…) vient
souvent s’interposer entre les différents éléments
que l’espace de la vallée rassemble, camoufler un
motif de falaise ou un horizon, briser la continuité
d’un tronçon au fond dégagé…Le phénomène est
particulièrement vif dans la mesure où l’échelle des
dénivelés entre les fonds de vallée et les rebords des
coteaux, ainsi que la hauteur moyenne des falaises,
correspondent bien souvent à la hauteur d’un arbre.
Une végétation spécifique succède à celle des fonds, et
conditionne à nouveau les ambiances. Ainsi, dans les
parties hautes du bocage, voit-on souvent le tissu des
haies et des prairies, apparaître sur les flancs de la
vallée. Plus en aval, quand la vallée se creuse dans les
granits, ceux-ci peuvent accueillir une végétation tout à
fait spécifique de terres maigres et arrosées : à
Grifférus, les lichens composent sur la roche des paysages
sculptés et bleutés, qui s’inscrivent dans le profil
de la vallée au-devant du bocage qui leur succèdent plus
haut. En revanche, la végétation de friche du fond de
vallée, très étroit, interdit un rapport visuel avec la
rivière elle-même… Ailleurs, les pentes accueillent
tantôt des cultures ou des prairies (rares), tantôt des
bois (qui souvent apportent une « conclusion » au paysage
de vallée dont ils forment l’horizon), tantôt des
friches, à des stades divers, résultant des difficultés de
gestion des terres en pente. Les coteaux représentent dans
leur ensemble un formidable potentiel de variété végétale :
la succession des sols granitiques ou calcaires se
conjuguant aux multiples types d’exposition à la
lumière, à la pluie et à la chaleur, induisent un vaste
volant de stations. A cette variété « naturelle »
s’ajoute celle des modes de gestions : les prairies,
pâturées ou fauchées, restent le mode de gestion assurant
la plus riche présence végétale sur ces sites (la présence
des orchidées sur les stations calcaires exposées au sud
reste un symbole de cette potentialité). Le climat
relativement doux du secteur implique une variété
renforcée, permettant d’observer des stations de
végétation méditerranéenne sur les versants sud et de
stations septentrionales sur les versants à l’ombre,
les paysages des vallées concentrant alors, en sus de
toutes les autres condensations de motifs, la rencontre
végétale du sud et du nord de la France qui constitue un
trait spécifique de la r
Motifs construits
Sur ce thème à nouveau, les vallées représentent une
exceptionnelle richesse. L’eau suscite un patrimoine
très largement impliqué dans la notion même de paysage.
Telles des « fabriques » animant des tableaux, des photos,
les paysages eux-même, c’est une multitude de ponts,
moulins, barrages, manoirs et châteaux qui ponctuent le
cours des vallées. Ces éléments sont naturellement associés
par leur usage et dans leurs rapports spatiaux, à
l’eau elle-même. A ce « petit » patrimoine
s’ajoutent les agglomérations elles-mêmes :
l’accès à l’eau, le contrôle des
franchissements, les sites défensifs sculptés par le
relief, ont motivé leur implantation dans les vallées, qui
voient se succéder la grande majorité des localités de la
région. Chacune d’entre elles occupe un « site »
spécifique de vallée, un événement particulier du relief et
du cours d’eau, souvent concentré par une position
défensive et un franchissement qui forme le « noyau
paysager » où se concentre le patrimoine bâti. Celui-ci,
châteaux et centres anciens, forme avec les éléments
naturels des compositions très typiques, autour desquelles
les villes ont progressé, parfois jusqu’à déborder
les limites du site d’implantation. Ce qui engendre
souvent des difficultés à lire les rapports entre le tissu
urbain et les éléments naturels, des ruptures dans les
enchaînements de motifs, comme par exemple lorsque la
silhouette du bâti vient fortuitement à l’horizon se
superposer au contact initial d’une falaise ou
d’un bois (Missé) ou bien envahir le fond de la
vallée et s’interposer dans la lecture des flancs ou
du noyau initial… La présence d’une forte
population implique, à nouveau, les vallées comme paysages
préférentiels de la région : elles ne représentent pas les
plus grandes surfaces, mais concentrent les potentialités
paysagères et les enjeux de cadre de vie les plus forts.
Même si certaines d’entre elles ont désormais
largement débordé de leur site initial pour venir
entretenir de nouveaux rapports avec les paysages qui
s’étendent au-delà des coteaux, les principales
agglomérations du nord des Deux-Sèvres sont inscrites sur
le cours des rivières : Airvault, Argenton-Château,
Argenton-l’église, Bressuires, Parthenay,
Saint-Loup-Lamairé et Thouars.
Motifs des réseaux
Les routes et chemins marquent
eux aussi les paysages de vallées. Les ponts, les viaducs,
les gués, peuvent avoir valeur de révélation du paysage
environnant, ou au contraire les détruire en niant leurs
qualités. Le viaduc peut, par exemple, sublimer
l’espace de la vallée. Des déblais-remblais générés
par certains tracés –telles que des entailles
disproportionnées pratiquées dans les coteaux–peuvent
en briser à jamais l’harmonie en détruisant les
limites de la vallée. Dans les Deux-Sèvres, le réseau des
venelles, accrochées au flanc des coteaux, rappelle aussi
l’histoire des protestants trouvant dans les vallées
les refuges que la plaine ne pouvait leur offrir.
Aujourd’hui, la jouissance ludique des paysages passe
par la promenade et la randonnée : la qualité paysagère
d’un site se mesure en grande partie aux possibilités
offertes par les chemins, d’accéder et de voir les
espaces. Le chemin de randonnée GR36 donne ainsi au Thouet
une dimension paysagère qui l’inscrit comme un atout
pour la région, ce qui reste potentiel dans le cas de
l’Argenton.
I.5. LA DONNE NATURELLE, LA TERRE ET LE
CIEL
Climat
La partie sud du secteur est
parmi les plus froides de la région. Les précipitations (en
cumul annuel) sont comprises entre 600 mm au nord et 900 mm
au sud. La partie nord du secteur est l’un des plus
secs de la région. L’ensoleillement est de 1750 à
2000 heures par an.
Géologie
Vallées creusées dans les
granites et les schistes des massifs anciens
Pédologie
Les vallées traversent
différents type de sols dont les terres des massifs
anciens, les terres de groie, les Varennes du Crétacé.
I.6. LES MILIEUX ET ESPECES PRESENTS
Certaines petites rivières plus
encaissées et à débit plus rapide, dans le bocage des
Deux-Sèvres possèdent un grand intérêt biologique par le
caractère sub-montagnard de leurs peuplements.
Quelques croquis (auteurs
CASSINI, C. DOLLFUS-AMMOUR, paysagistes)

Source texte
:
©
Conservatoire d’espaces naturels de Poitou-Charentes.
Inventaire des paysages de Poitou-Charentes, 1999 - Cabinet
Outside – C. AUBEL, C. BIGOT, M. COLLIN, paysagistes
dplg – JP. MINIER, paysagiste dplg au Conservatoire
d’espaces naturels de Poitou-Charentes.